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DÉFILÉ DE MODE

Place des Festivals

Rituals — “walking the plank”


« RITUELS
— une cérémonie que nous ne cessons jamais de performer, mais qui nous regarde ? »

Chapitre II : Marcher sur la planche de la dormance

One Eye Sees considère les rituels en tant que forces majeures qui façonnent nos identités. À mon sens, leur véritable but est de permettre d'accéder à la liminalité – un espace entre deux états d'être où tout est possible. Dans le précédent recueil, cet espace
se présentait comme une pièce sans fin, théâtre d'innombrables rituels, depuis l'aube de l'humanité jusqu'à sa décomposition ou sa mort. Maintenant, après un certain temps passé dans cet espace, il se révèle être plutôt une suspension cosmique : une planche dangereuse et étroite où le sol tangible s'arrête. Cette planche n'efface pas l'infini qui nous entoure ; elle est simplement le seul point d'ancrage fragile auquel nous nous accrochons tandis que nous contemplons l'obscurité.

Nous sommes des êtres limités, pris entre un passé que nous avons dépassé et un inconnu que nous désirons. Ici, nous hésitons. Le silence rend hommage à la lourde gravité d'une âme figée au bord du précipice. Mais le bois, comme nous le savons, est limité, et nous le sommes aussi. La pause ne peut durer éternellement. À un moment donné, la marche s'arrête, le temps s'écoule et nous sommes devons plonger. À ce moment précis, nous seuls pouvons faire l'expérience du divin. »

Dans cette collection, comme dans les précédentes, j'explore le langage visuel de l'avancée fulgurante vers le futur qui nous attend. Une progression lente, un suspense intense et un saut inévitable imprègnent ma démarche de création. Un réconfort mélancolique. Un pas délibéré.

Nous ne sommes pas faits uniquement de comportements rassurants, mais aussi de tout ce que nous affrontons lorsque le sol se dérobe sous nos pieds, conscients ou non de la profondeur de la chute. C'est la familiarité fragile de l'ancrage que nous désirons. N'attendons pas trop. Certaines forces prennent avantage de nos hésitations.

Observer l’immobilité intérieure m'a fait prendre conscience des cercles vicieux de peur dans lesquels je me retrouve régulièrement plongé, donc je les remets en question. Cette
œuvre met en lumière la fin propre de cette marche. Ici, nous avançons ensemble vers l'inconnu, lâchant prise sur nos certitudes en faisant le saut.

À PROPOS

One Eye Sees est un « vaisseau scopique en continuel mouvement » propice à un dialogue actif entre soi et l'environnement collectif, incitant à une réflexion éthique par la forme et le processus de création.

Ce parcours a débuté après la pandémie par le recyclage de vêtements de seconde main et de matériaux délaissés, en réponse au problème étouffant de la surproduction et de la surconsommation au sein de l'industrie textile. Au fil du temps, ce rituel déconstructionniste a évolué, mais demeure principalement inspiré par des événements réels, des personnes et la foi. L'œuvre rend hommage à des moments marquants qui méritent d'être approfondis, médités ou immortalisés.

21 août 2026 à 19 h 30

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